Le chapitre 136 de Kagurabachi bascule du côté de l'envahisseur. On découvre enfin les six gardiens du clan Mikaboshi réunis au complet, l'étendue de leurs conquêtes sur le sol japonais et l'inquiétude naissante que suscite une arme inconnue. En parallèle, le chef du Bureau de la sorcellerie, désormais prisonnier, se retrouve face à l'un des plus redoutables d'entre eux.
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Ce qu'il se passe
Couvert d'ecchymoses, dénudé, menotté et agenouillé au milieu d'une pièce grouillant d'insectes, le chef du Bureau de la sorcellerie a toujours ses lunettes sur le nez. À l'odeur et à l'humidité de l'air, il comprend qu'on l'a conduit sur l'île des Mikaboshi. Un soldat aux cheveux longs, fouet en main, monte la garde. Le captif ignore combien de temps s'est écoulé depuis sa capture et se remémore ce qu'il sait de ses geôliers.
Lorsque les Mikaboshi ont été engloutis, leurs serviteurs, un véritable clan de vassaux, ont partagé leur sort. Leurs descendants portent donc un sang plus ou moins mêlé. Ceux chez qui domine l'héritage des vassaux ont des yeux semblables à ceux des Japonais et les dissimulent sous un voile noir ; quatre d'entre eux accompagnaient Ariu à Irishima. Ceux qui tiennent davantage des Mikaboshi ont des yeux noirs aux pupilles dilatées, des ongles sombres, et maîtrisent mieux le Datenseki : plus le sang Mikaboshi est concentré, plus ce pouvoir est grand. Le geôlier appartient visiblement à cette seconde catégorie, ce qui en fait un soldat gradé, sans doute comparable à ceux envoyés à Irishima. Les six gardiens, eux, jouent dans une autre catégorie : on les dit de sang pur, porteurs d'« insectes divins », et ils ont ravagé le sud-est du Japon en un temps record dès le début de la guerre.
Pendant ce temps, les gardiens tiennent conseil : l'impassible Ariu, Bansoro et son masque, la souriante Ra, Yukifu au visage allongé, Zukon et son rictus, et Shurin, dont la tête fissurée ne montre aucun visage. Leurs troupes progressent vers Tokyo sans rencontrer d'obstacle, mais Bansoro rappelle qu'aucune trace de leur pierre sacrée ni de la princesse Soga n'a été trouvée. Zukon fait le bilan : l'armée japonaise a subi de lourdes pertes, et les Mikaboshi occupent toute la préfecture de Chiba et celle de Kanagawa, une partie de Yamanashi, d'Ibaraki et de Saitama, ainsi qu'environ un tiers de la préfecture de Tokyo. Malgré cela, le Japon refuse de capituler, signe, selon Bansoro, qu'il pense encore pouvoir riposter.
Zukon signale ensuite un phénomène étrange observé dans plusieurs zones occupées : le nord-ouest de Chiba, le sud de Saitama et le sud de Tokyo, près de Kanagawa. Un soldat aux yeux noirs, unique survivant de son escouade, vient en rendre compte. Ariu confirme que depuis Irishima, où combattaient les sorciers les plus puissants du pays, rien n'a égalé leur force côté japonais. Le soldat décrit alors une lame courte, un tanto faisant la moitié d'un katana, dotée d'un pouvoir proche de celui du Datenseki. Ra est stupéfaite ; Yukifu, de plus en plus agité, refuse d'y croire : selon lui, il a fallu aux Mikaboshi d'innombrables prières et leur propre sang pour exploiter la pierre, et les Japonais ne sauraient manier la puissance de leur dieu. Bansoro lui fait remarquer que crier n'arrangera rien.
Shurin intervient en rappelant une pratique des forgerons japonais : avant d'employer un nouveau matériau, ils forgent une lame courte en guise de prototype. Il dégaine un katana et l'examine. Pour lui, si les Japonais agissent dans l'ombre pour éviter les gardiens, ce tanto n'était qu'un essai, et ils détiennent certainement d'autres fragments de Datenseki pour forger de nouvelles armes. Il se lève ensuite pour aller, dit-il, obtenir des informations décisives sur leurs projets. Ra fait remarquer à Ariu que son frère a encore modifié son visage et se demande s'il se montrera un jour tel qu'il est.
En quittant la salle, Shurin passe la main derrière sa tête : une chevelure claire se déploie. Dans une pièce où une énorme araignée est clouée sur une planche, il recueille le sang qui s'en écoule avec un pinceau et s'en peint les ongles en sombre. Il rejoint ensuite la cellule du prisonnier. Les insectes s'écartent pour lui ouvrir un passage, et le garde, en sueur, s'incline. Le chef du Bureau entend Sumika s'activer. Shurin, katana au clair, lui demande ce que l'on ressent à être nu et exposé ; le captif répond que la honte est le cadet de ses soucis. En s'agenouillant face à lui, Shurin révèle des cheveux et des yeux clairs, toujours cernés de fissures et aux pupilles dilatées. Lui connaît la honte : né sans aucune pigmentation sombre, il n'a rien sur le corps qui atteste de la pureté de son sang et doit donc la prouver par ses actes. Il tranche alors le bras de son prisonnier, qui se régénère aussitôt grâce à Sumika, puis exige des réponses.
Moments clés
- Le prisonnier : le chef du Bureau de la sorcellerie est captif sur l'île des Mikaboshi.
- Le sang Mikaboshi : la pureté du sang détermine l'apparence des descendants et leur maîtrise du Datenseki.
- Les six gardiens : Ariu, Bansoro, Ra, Yukifu, Zukon et Shurin apparaissent ensemble pour la première fois.
- L'avancée de l'invasion : Chiba et Kanagawa sont entièrement occupées et un tiers de la préfecture de Tokyo est tombé.
- Le tanto : une lame japonaise semble exploiter un pouvoir comparable à celui du Datenseki.
- Le vrai visage de Shurin : frère cadet d'Ariu, il cache une apparence dépigmentée dont il a honte et entame un interrogatoire impitoyable.
Ce que ça change pour la suite
Le camp Mikaboshi sait désormais qu'une arme japonaise rivalise avec le pouvoir de sa pierre sacrée, et Shurin suppose qu'il ne s'agit que d'un premier essai. Son interrogatoire du chef du Bureau de la sorcellerie, maintenu en vie par Sumika, menace de révéler les plans secrets du Japon. Malgré des pertes territoriales massives, le pays refuse toujours de livrer le Datenseki et la princesse Soga, ce qui laisse présager une contre-offensive.
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